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News fraîches du mois de juillet

Mardi 13 juillet 2010, c’était la dernière journée des dix mois à mi-temps passés en agence web. Une expérience incroyablement enrichissante, aussi bien d’un point de vue professionnel que humain. Le même jour, je reçoit des mains d’un sympathique camarade le bulletin de fin d’année du Master 1 Culture et Métiers du Web. Année validée sans heurts, je ne demandais pas mieux. Toujours le même jour, une autre excellente nouvelle : je ferais partie de la promo 2011 du Master 2 Communication et Technologie Numérique de Nîmes dans le Gard. Conséquence collatérale : un retour dans le sud natal pour la montpelliéraine que je suis. Coïncidence : y a tout juste dix ans, je venais d’avoir mon bac et j’apprenais mon admission en CPGE à Nîmes. La paire d’années qui suivit fût mémorable, entourée de la plus chouette promo de khâgneux qui soit. Mais cesse de nostalgie.

Les six mois de formation offerts par le Master CTN promettent encore de belles découvertes. Mis en place par le Celsa - Paris et L’École des Mines d’Alès, cette formation se situe à la croisée de l’ingénierie numérique et des sciences de la communication, le tout ancré dans une dynamique concrète de gestion de projets Web. Le cursus débouche sur un panel de métiers tous aussi enthousiasmants. Seul hic, il va falloir patienter jusqu’en octobre …

Alors que faire pour patienter ? Pourquoi pas un petit voyage, ou alors tant qu’à faire un grand voyage ? Et bien c’est prévu, puisque je serai dans quelques jours à Shanghai. Shanghai, c’est LA ville qui en impose pour l’été 2010 avec son expo universelle démente, préparée depuis 2002 (soit largement le temps pour cette ville à grande vitesse de changer complètement de visage).  A tous ceux que cela intéresse, je recommande chaudement de visionner l’émission Geopolitis du 21 avril 2010 présentée par l’excellent Xavier Colin et disponible sur le site web de la chaîne de télévision suisse romande TSR2.

Dernière petite chose avant de vous laisser vaquer. Poussée par la curiosité, je fait mes premiers pas sur Twitter depuis quelques jours. C’est pour moi l’occasion de partager de façon plus fluide des infos, lectures et découvertes du web et d’ailleurs. Vous voulez voir ça de plus près ?  Renforcez les rang de mes premiers followers en cliquant sur le petit oiseau bleu en haut du menu latéral de ce blog.

Et si vous n’êtes pas familier avec ce réseau social dit de “microblogging”, voici deux liens qui m’ont été utiles :

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Curriculum Vitae sous Latex

Après avoir rédigé mon mémoire en utilisant LATEX, je souhaitais m ‘essayer à nouveau à cette technologie pour créer mon curriculum vitae. Quelques modèles sont mis à disposition sur le Web pour créer son CV sous  LATEX. J’ai choisi de réutiliser le travail d’Olivier Blichet, qui proposait ses conseils et ses sources dans un article de son blog datant de 2007.  Le résultat est disponible ici en pdf.

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Les enjeux de l’expansion d’une science interdisciplinaire pour le Web de demain

“In Web Science We Trust” est en ligne !
Ce mémoire de recherche de M1 a été tutoré par Christophe Aguiton et encadré par Vincent Lemire, deux professeurs du Master 1 Culture et Métiers du Web de l’Université de Marne la Vallée. Je l’ai réalisé sous LATEX, vous avez la possibilité de le consulter et de télécharger sa version pdf.

En voici le résumé en français et en anglais :

La Web Science a pour ambition d’étudier le Web. Elle se distingue de la Computer Science par sa démarche interdisciplinaire. Depuis 2006, un réseau d’acteurs individuels et institutionnels s’active à promouvoir cette nouvelle discipline. Le Web doit être compris comme un système à la fois technologique et sociétal. C’est le discours des Web scientists à destination de la communauté scientifique et du monde industriel. Ils plaident en faveur d’un Web ouvert et porteur de sens pour le plus grand bénéfice de la société. Même si l’interdisciplinarité rend plus difficile la reconnaissance d’un socle commun, elle reste au cœur de l’ambition des Web scientists. Ils entendent bénéficier de l’actualité cette démarche dans les stratégies nationales de Recherche et de Développement. A la croisée des champs scientifique et numérique, la Web Science est promise à un bel avenir.

The Web Science aims to explore the Web. It differentiates from the Computer Science by its interdisciplinary approach. Since 2006, a network of individual and institutional stakeholders have actively promoted this new discipline. The Web must be understood as a both technological and societal system. This is the way Web Scientists adressed the scientific community and the web business. They argue for a meaningful open Web for the greater advantage of the society. While interdisciplinarity makes it more difficult to recognize a common scientific base, it remains central to the ambition of Web Scientists. They intend to take advantage of this up to date approach in the national strategies for Research and Development At the crossroads of scientific and numeric fields, theWeb Science is destinated to a bright future.

Consulter le mémoire en pdf

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Montage Vidéo

Quels jour sommes-nous ? Nous sommes tous les jours ….
Jaques Prévert

Ce montage a été réalisé dans le cadre d’un cours de Vidéo du Master CMW (Culture et Métiers). L’idée était de composer un autoportrait de 2 minutes en vidéo sans se filmer. J’ai utilisé la technique de stop motion pour créer le premier niveau de lecture la vidéo : près de 300 photos prises et montées les unes à la suite des autres. On retrouve ce stop motion au centre de l’écran : il s’agit d’un gros plan de mon visage dessiné sur différents calques, et de découpages papiers en ombres chinoises qui apparaissent et disparaissent. Superposé à ce premier niveau de lecture, un montage de photos et de textes viennent illustrer l’action du premier plan. Le tout à été monté à l’aide du logiciel After Effect d’Adobe.


Wanted for live

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Introduction à la Web science

Il y a cinquante ans naissait la computer science

La discipline informatique est née au début des années 1940 aux États-Unis. Elle s’est enrichit au fil des travaux de pionniers tels Alan Turing, Kurt Godel, Ada Lovelace, John Von Neumann, Paul Baran, Vannevar Bush et J.C.R. Licklider ( 1 et 2). Le parcours de J.C.R. Licklider, souvent appelé Lick, est particulièrement intéressant. Titulaire de trois licences en physiques, mathématiques et psychologie, Lick s’était spécialisé en psycho-acoustique avant de s’intéresser de près à l’informatique. En 1950, il intègre le déjà célèbre MIT, Institut de Technologie du Massachusetts. Sa formation de psychologue lui offre une perspective unique dans le champ de l’informatique (3). Ces publications resteront d’ailleurs célèbres pour leur force prospective et visionnaire (4 et 5). En 1962, Lick est recruté par l’ARPA (Advanced Research Projects Agency), fond de recherche dépendant du Ministère de la défense américaine, et trouve les meilleurs informaticiens du moment pour son projet de recherche. A l’époque leur projet passe pour utopique : travailler à une mise en réseau des différents laboratoire de recherche. Pourtant dans les laboratoires du MIT, plusieurs démonstrations  de time sharing ont déjà été couronnées de succès :

Vidéo proposée par le Computer History Museum

Mais en 1963, le Projet MAC, suggéré par Lick, financé par l’ARPA et chapeauté par le MIT, permet à plusieurs dizaines de personnes de se connecter simultanément au même ordinateur, de travailler sur un même document, et de partager l’exploitation d’une même base de données (6). Forte du succès de cette entreprise et de l’engouement suscité par les perspectives offertes, la computer science, devenue un organe de connaissance à part entière, se voit attribuer ses premiers départements et programmes universitaires dans les universités de Purdue et de Stanford (7). Les laboratoires de recherche dédiés à l’informatique émergent au même moment. Qu’en est-il cinquante ans plus tard ?

Aujourd’hui la Web Science pose un nouveau défi

Comme l’a rappelé Richard Dawkins (8), la mise en réseau du Projet MAC passe pour banale dans « le monde de l’après Tim Berners-Lee ». Aujourd’hui, l’internet est bien plus qu’une liaison expérimentale d’un ordinateur central à des ordinateurs satellites. Pourtant, malgré le décalage entre les expériences informatiques des années 1960 et l’explosion organique du web des années 2000, le challenge des Web scientist diffère peu de celui des computer scientists de l’époque : comment faire un meilleur usage de cette technologie ? Cet éclairage partiel sur l’émergence de la discipline informatique aura eu le mérite de mettre en perspective les actions menées aujourd’hui au sein même des institutions historiques de la computer science, pour promouvoir la Web science. En effet, la WSRI (Web Science Research Initiative) naît en 2006 sous l’impulsion du CSAIL (Laboratoire de Computer Science et d’Intelligence Artificielle du MIT) et du département ECS de l’Université de Southampton au Royaume-Uni, spécialisé dans l’électronique et la computer science. Près de cinquante ans après les débuts de la computer science, dont elles ont été les fers de lance, ces deux institutions bénéficient d’une hégémonie certaine dans ce domaine.

Leur annonce officielle du lancement de la Web science, prend alors la forme d’une invitation (9) : les chercheurs devraient concentrer leurs recherches sur le web autour d’un programme commun, qui embrasserait toutes les disciplines concernées par l’étude du Web. À la différence des pionniers des années 1940 à 1960, les chercheurs peuvent aujourd’hui s’appuyer sur un corpus de recherches considérable. En effet, bien que le web en soit à ces prémices, les travaux de recherches l’entourant sont déjà légion, appliquant différentes matrices disciplinaires à cet objet aux multiples facettes. Fallait-il attendre que les institutions les plus autorisées baptisent la Web science, pour s’attacher à comprendre cet objet qui était déjà en train de révolutionner le monde ?

Pour les promoteurs de la Web science, le défi n’est pas de créer la science du web, mais de coordonner les différentes initiatives de recherches sur le Web, de les soutenir dans un esprit explicitement interdisciplinaire, pour en extraire le maximum de sens et de pratique. Coordonner et soutenir les recherches sur le World Wide Web, cela implique par exemple de formuler au nom de la communauté de chercheurs une stratégie de recherche, d’encadrer le développement des programmes pédagogiques, et d’accompagner les nouveaux venus dans cette discipline émergente (10). Afin de poursuivre ces activités et de soutenir le développement de la Web Science, les directeurs de la WSRI ont créé le Web Science Trust (WST), qui a pour objectif d’encourager la participation la plus large au développement de la Web Science. Bien relayé par ces deux organismes fondateurs, et à l’aide d’une campagne de lancement internationale et multi-canal, le concept de Web science a pris de l’importance. Aussi, la démarche promotionnelle des différents acteurs de la Web science n’est jamais bien loin de leur démarche de légitimation scientifique.

Interdisciplinarité et prospective

Nous sommes sans aucun doute à l’aube d’un développement bien plus important des recherches sur le web. L’ensemble des promoteurs de la Web science le répètent à l’unisson :

We are lacking the conceptual tools and focused effort required to understand the Web.

O’Hara Kieron, Hall Wendy, « Web Science, Trust on the Web :  Some Web Science Research Challenges »,
U.O.C. Papers
, 2008 (11)

Les théoriciens de la science chercherons volontiers leur modèle dans les sciences dures, pour prôner l’adoption d’un socle commun pour le savoir :

En terme de gestion des connaissances, on peut dire que les sciences de la nature ont réussi à rendre une part importante de leur savoir explicite, partageable, opératoire et capable d’enrichissement mutuel.

Lévy Pierre, « Nouvelle responsabilité des savants », Manière de voir, n°109, février - mars 2010 (12)

Comment alors harmoniser les outils conceptuels, alors que la nature même du projet Web science se veut multi-disciplinaire, à la croisée des science humaines et des sciences dures ? Comment partager et discuter le savoir accumulé, sans partager dans une communauté scientifique le même métalangage, des même normes sémantiques, conceptuelles et épistémologiques ? Face à cette première pierre d’achoppement, les auteurs de la Web science font preuve d’une grande force démonstrative, fournissant à longueur d’articles la preuve selon laquelle cette discipline pourra et devra se nourrir des apports de différents champs disciplinaires.

Bien que centrale dans notre sujet, l’interdisciplinarité soulève des questionnements qui concernent de façon plus large les sciences en général et leur épistémologie. Il est en revanche une autre question, qui nous concernera plus directement, et qui relève de la dimension prospective inhérente au projet de la Web science. Ce projet propose une priorité commune, le web sémantique, étendard derrière lequel se mobilisent les scientifiques volontaires de la future Web science. La Web science est amenée à tisser sur ce terrain des liens profonds avec la recherche en Intelligence Artificielle, l’une des disciplines historiques desquelles elle résulte. Inversement, les sciences sociales semblent entourer ce projet d’amélioration du contenu sémantique du web, comme pour entériner son bien-fondé :

Web science is about making powerful new tools for humanity, and doing it with our eyes open.

Berners-Lee Tim,Hall Wendy, Hendler James, Shadbolt Nigel, Weitzner Daniel,
« Creating a Science of the Web », Science, 2006 (13)

Les promoteurs de la Web science peuvent-il orienter le travail des chercheurs sans discuter de la légitimité d’un telle priorisation ? Laissent-ils la place dans leur agenda de recherche à des
ambitions prospectives divergentes ? La question se posera d’autant plus que, de par son format ouvert, le web offre implicitement la possibilité d’imaginer son développement futur. Aussi au regard des différentes futurologies envisagées, le web sémantique ne fait pas l’unanimité auprès des chercheurs. Pour les promoteurs de la Web science, le web sémantique est le premier challenge annoncé, le projet fondateur à l’année zéro de leur histoire. Doit-on pour autant envisager le web sémantique comme une matrice de la web science à l’instant T de son développement, un projet propre à son processus d’institutionnalisation ? Ou bien est-il destiné à rester la target visée par l’ensemble de la communauté des Web scientist, le paradigme qui leur permettra d’envisager le web dans un système de représentation commun ?

Sources et références bibliographiques

  1. Denning Peter J., « Computer Science : The Discipline », Encyclopedia of Computer Science, 2000
  2. Serres Alexandre, Aux sources d’Internet : l’émergence d’ARPANET, Université Rennes 2, octobre 2000
  3. « J.C.R. Licklider », sur le site Internet Pioneers, <http://www.ibiblio.org/pioneers/licklider.html>, consulté le 28/02/10
  4. Licklider Joseph C.R., Memorandum for members and affiliates of the Intergalactic Computer Network, ARPA, 23 avril 1963
  5. Licklider Joseph C.R. « Man-Computer Symbiosis », IRE Transactions on Human Factors in Electronics, vol. HFE-1, 4-11, mars 1960
  6. Serres Alexandre, « Regard sur les origines des communautés virtuelles : les communautés en ligne et le temps partagé. Un exemple d’hybride socio-technique. » Texte d’une intervention au colloque Écritures en ligne : pratiques et communautés, Université Rennes 2, CERCOR, 27 septembre 2002, p. 2-3
  7. « History in the Computing Curriculum » sur le site History of Computing, <http://www.comphist.org/pdfs/CompHist_9812tla5.pdf>, consulté le 28/02/03
  8. Dawkins Richard, « Net Gain », sur le site Edge World Question Center, <http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#saff>, consulté le 28/02/03
  9. Shneiderman B., « Web Science : A Provocative Invitation To Computer Science », Communications of the ACM, 2007, vol. 50, n° 6, p. 25-27
  10. « About Web Science Trust » sur le site Webscience.org consulté le 28/02/2010, <http://www.webscience.org/trust.html>
  11. O’Hara Kieron, Hall Wendy, « Web Science, Trust on the Web :  Some Web Science Research Challenges », U.O.C. Papers, 2008/10, Iss. 7
  12. Lévy Pierre, « Nouvelle responsabilité des savants », Manière de voir, n°109, février - mars 2010, p. 40
  13. Berners-Lee Tim,Hall Wendy, Hendler James, Shadbolt Nigel, Weitzner Daniel, « Creating a Science of the Web », Science, 2006/08/11, vol313, p.769-771
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Biopics féminins français des années 2000

Encore une réalisation encadrée par le Master Culture et Métier du Web. A la suite d’un séminaire sur l’Histoire du Cinéma, nous avons dû réaliser une page web ou un site, sur un objet choisi dans l’histoire du cinéma. J’ai choisi de parler 3 biopics (biographical picture) sortis en France dans les années 2000, traitant de la vie de femmes célèbres sur le plan de la culture : La Môme, Sagan, et Coco avant Chanel. J’ai réalisé ce site en utilisant l’outil CMS Joomla.

Screenshot du site

Screenshot du site

Voir le site

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(In) Web science (they) Trust - Le poster

Lors d’un cours de géographie, nous avons réalisé un poster illustratif sur le thème de notre choix. J’ai choisi de m’intéresser au Web Science Trust (WST) et à la Web Science Research Initiative (WSRI), et de faire un poster sur l’évolution de ces deux organismes, qui ont lancé en 2005 la Web science.

Quelques mots sur la Web science

Le projet de création de la Web science fut initié en 2005 par le CSAIL, un laboratoire de recherche du MIT et le département ECS de l’Université de Southampton (ECS). L’ambition était de coordonner et soutenir la recherche sur le Web. Depuis le lancement de cette initiative, le concept de Web science a été largement diffusé et a pris de l’importance. J’aurai l’occasion d’en reparler, car la Web science sera l’objet de mon mémoire de recherche dans le cadre du Master 1  Culture et Métiers du Web.

Image du poster sur la Web science

Poster sur la Web science

Voir le poster en grande taille (pdf)

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Denise Glaser reçoit Dick Annegarn

Dans le cadre d’un cours d’histoire des médias, donné à l’Institut National de l’audiovisuel, nous avons eu à analyser une émission de notre choix. J’ai choisi l’émission Discorama du 28 avril 1874, au cours de laquelle Denise Glazer reçoit Dick Annegarn.

Discorama : émission du 28 avril 1974

Contexte politique et culturel

Depuis la fin des années 1960, la France et le monde sont en pleine mutation.  Notre émission se déroule au moment du 1e tour de l’élection présidentielle, remportée quelques jours plus tard par Valéry Giscard d’Estaing. L’émission est aussi exactement concomitante de la Révolution des Œillets au Portugal. Comme beaucoup d’émissions culturelles, Discorama passe pour être une émission de gauche. De fait, en choisissant de faire parler des artistes jeunes et engagés, Discorama se fait régulièrement l’écho des révolutions politiques, sexuelles et familiales.

Contexte médiatique

Les trois chaines de l’O.R.T.F. sont diffusées en noir et blanc. En France, environ 82% des ménages sont équipés d’une télévision. La course à l’audience a commencé, les rythmes télévisuels s’accélèrent. Denise Glaser se voit reprocher les longueurs et silences de ses entretiens. Elle n’est pas aimée de tout le monde. Certains la trouvent snob, pour d’autres elle provoque, elle dérange. La présentatrice a atteint la cinquantaine et présente l’émission depuis déjà 15 ans. Malgré une érosion de l’audience, Discorama est toujours largement suivie et soutenue par des téléspectateurs fidèles. En 1974, l’O.R.T.F. est toujours sous le joug du Ministère de l’information. Après plusieurs tentatives de libéralisation politique et d’importantes difficultés de gestion, l’O.R.T.F. sera supprimée le 7 août 1974.

Invité

Nouvellement installé à Paris, Dick Annegarn vient d’enregistrer son premier disque “Sacré Géranium” (Polydor). Le public vient de découvrir ses chansons atypiques et c’est déjà un succès. Avec ses allures de hippie intellectuel, le chanteur guitariste bruxellois de 21 ans apparaît pour la première fois à la télévision française.

Réalisation

Jean-Daniel Verhaeghe travaille régulièrement pour Discorama depuis 1969. Il perpétue le style filmique instauré depuis 1964 par Raoul Sangla et Jacques Audoir (rejet du caractère factice des shows télévisés) tout en apportant quelques éléments de renouveau.

Montage et déroulement

  • Générique → 0′28

Sur fond noir : « Denise Glaser propose … Discorama 74 … Autour et alentour … Réalisation … Jean-Daniel Verhaeghe ». Un air de musique classique a détrôné le très populaire « J’ai du bon tabac ».

  • Chanson 1/3 Sacré Géranium → 3′36

Introduite par un plan fixe sur l’album de Dick Annegarn, la chanson est filmée en un seul plan séquence. Sur scène, une chaise, aucun décor. « Pas besoin de sous pour être bien », le refrain fait écho au dénuement du Studio 4.

  • Entretien 1/2→ 10′47

L’entretien est filmé en champ contre-champ. Le ton est amical. Denise Glaser laisse son regard se perdre sur le côté, et réconforte le chanteur : « J’ai pas du tout envie de bousculer votre programme». Ils sont assis sur de hauts tabourets, la guitare est posée au sol. Les silences sont fréquents. Dick Annegarn improvise quelques notes, commence une chanson, s’interrompt. Denise Glaser reste attentive, mais l’entretien est coupé. On lit « Un peu plus tard ». Puis on retrouve Dick Annegarn, qui donne ses impressions sur l’industrie musicale. Faire parler les artistes sur leur propre milieu est l’une des particularités de Denise Glaser.

  • Chanson 2/3 L’institutrice → 13′25

Dick Annegarn est à nouveau montré seul par un unique plan séquence. En gros plan son visage, successivement grave ou amusé.

  • Entretien 2/2 → 26′05

Dick Annegarn critique la carrière de Charles Trenet et Mireille. Denise Glaser réplique. Le chanteur : « Ils prennent les gens pour des cons ». La présentatrice acquiesce du regard. Quand elle lui demande de citer les artistes qui l’ont influencé, il répond : « Pour moi, c’est Dylan et Brel ». Il se met à interpréter Like a rolling stone, puis L’homme de la Mancha. Denis Glaser l’encourage, il chante Les bonbons. Un peu plus tard, c’est Polymorphose, une chanson de son disque. On approche de la fin de l’émission. Denise Glaser trouve une formule : « Cela dit j’avais pas du tout envie qu’on s’arrête ». Dick Annegarn répond : « J’espère que la porte reste ouverte ».

  • Chanson 3/3 Le grand dîner → 30′00

En voix off, on entend le générique d’une voix masculine : « Denise Glaser vous a proposé Discorama, avec aujourd’hui Dick Annegarn ». Sont ensuite cités : l’ingénieur de la vision, l’ingénieur du son, les cadreurs, le directeur de la photographie, mixage, montage, script, réalisation. L’émission prend fin sur un fondu au noir.

C’est le Discorama de Denise Glaser qui m’a fait beaucoup de bien, finalement. Comme à quelques autres artistes. Cette femme avait le chic de vous laisser intact.

Dick Annegarn, à l’occasion d’une conférence de presse à l’Olympia

Présentation de l’émission Discorama

Genre

Discorama propose faire un inventaire de l’actualité musicale. Inspirée de l’émission Lecture pour tous, c’est une émission « mi-documentaire mi-variété » (Raoul Sangla, Heures ouvrables et carnet de doute). Elle fait alterner les numéros ou extraits musicaux et les entretiens avec les artistes sous forme de discussion à bâtons rompus. L’émission profite de ces entretiens avec les invités pour adopter une grande liberté de ton. Tantôt taxée de féministe, engagée, intellectuelle, Discorama est avant tout une émission de variété. C’est le rendez-vous télévisuel hebdomadaire de celles et ceux qui s’intéressent à la chanson, au rock, au music-hall, et à l’industrie culturelle en général.

Public

Discorama transgresse les codes conventionnels de la télévision de papa et sa popularité fût importante chez les jeunes. Pour autant, l’émission est souvent regardée en famille et séduit un large public, toutes générations confondues. La sincérité des entretiens interpellent le public.

Production

Discorama naît en 1959, sous l’impulsion de Denise Glaser, alors chargée de la sélection musicale du journal télévisé. Denise Glaser produit Discorama sous l’égide de la R.T.F. et de son directeur de programme Jean D’Arcy, puis de l’O.R.T.F. Au studio Cognac-Jay, elle est d’abord réalisée en direct, puis enregistrée. L’émission n’a jamais bénéficié de budgets importants. L’émission prendra fin brutalement au moment de l’éclatement de l’O.R.T.F., fin 1974.

Diffusion

L’émission est longtemps diffusée le dimanche à 12h30, après la messe et le cinéma, avant le déjeuner. A partir de 1964, suite à la création de l’O.R.T.F., elle trouve sa place sur la première chaîne. Ses heures et jours de programmation vont tout de même varier au fil des changements de direction. Discorama a aussi occupé le créneau du dimanche soir en 1e partie de soirée, avant d’être reléguée à la seconde partie de soirée.

Variété à la radio et à la télévision

Sur Europe 1, Salut les copains, animée par le décontracté Daniel Filipacchi cartonne. L’émission donne naissance au magazine éponyme, première aventure de presse de l’ex-présentateur. A la télévision, Les Raisins verts de Jean-Christophe Averty ponctue chansons et sketchs par des séquences d’animations avec effets spéciaux électroniques. Age tendre et tête de bois, puis Tête de bois et tendres années, présentée par Albert Raisner, est destinée aux plus jeunes. Les émissions produites par Maritie et Gilbert Carpentier, telles que La grande farandole ou le Sacha Show connaissent aussi un grand succès.

« Ligne éditoriale »

Productrice, présentatrice, journaliste, Denise Glaser porte littéralement Discorama. Bien qu’elle soit très sollicitée par les maisons de disque, elle s’attache à faire découvrir de nouveaux talents. Pour elle, le soutien des artistes est un engagement. Discorama décrypte les tocades et tendances d’une industrie musicale en plein boom. Toute l’émotion passe par la relation entre Denise Glaser et ses invités.

Mise en scène

Alors que les autres émissions de variétés déploient d’importants dispositifs pour faire le show, les créateurs de Discorama s’accommodent du peu de moyens alloués. Sous l’influence de la nouvelle vague, le film se veut sobre et sans artifice. Les chansons sont enregistrées en son direct dans la chaleur ambiante du studio. Le Studio 4 de Cognacq- Jay est montré comme un atelier de travail. Les téléspectateurs sont habitués à voir à l’écran échelles, projecteurs, caméras, ouvriers, … Cette posture novatrice joue un rôle important dans le succès rencontré par Discorama. Les réalisateurs expérimentent un ton impertinent, ils filment« non pas la personne qui parle mais celle qui écoute », font des « gros plans trahissant d’une manière étonnante les émotions des interlocuteurs » (Article Wikipédia sur Denise Glaser).

Réutilisations

Discorama a rempli honnêtement sa mission panoramique du paysage culturel. Les producteurs d’aujourd’hui disposent d’un large choix d’extraits parmi les 300 heures d’émission diffusées. Entretiens ou tours de chant, ces extraits sont régulièrement utilisés dans les DVD et émissions anthologiques consacrés aux artistes. Au vue de ces exploitations ultérieures, le sort de Denise Glaser peut d’ailleurs sembler ironique. Elle qui, suite à son éviction de l’O.R.T.F. en 1975, n’a jamais pu tirer de son succès public un quelconque bénéfice lucratif.

  • Produite par l’I.N.A. et diffusée sur France 3, l’émission Téléscopie du 14 mai 2009 consacre son sujet à Discorama.
  • Discorama, Signé Glaser, réalisé en 2008 par Esther Hoffenberg et coproduit par l’I.N.A., ce documentaire est également inclus dans le coffret de 3 DVD consacré à Discorama, et produit par l’I.N.A. et TF1 Vidéo.
Documentation

Raoul Sangla, Hommage à Denise Glaser, sur le site internet de François Fouraut
Raoul Sangla, Heures ouvrables et carnet de doute : Chronique, Éditions L’Harmattan
Article Wikipédia sur Denise Glaser
Site de Téléscopie -France 3
Site de Lapsus, société de production d’Esther Hoffenberg

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Les réutilisations d’oeuvre sans l’autorisation des ayants droits

Ce billet est tiré d’un exposé réalisé avec Johanna Mathias dans le cadre d’un cours donné à l’I.N.A. (Institut National de l’Audiovisuel) sur l’économie des médias. Les réutilisations d’œuvre sans l’autorisation des ayants droits sont ici abordées par les exemples des suites de Harry Potter et des mash-up musicaux

La problématique est tirée d’un corpus de quatre articles parus sur internet relatant différentes affaires mettant en cause le droit d’auteur :

  1. autour des réutilisations du travail de J.K. Rowling, auteur de Harry Potter ;
  2. autour des réutilisations d’oeuvres musicales dans la pratique du mash-up.

Ces articles soulèvent deux types de questionnement :

  • Quels problèmes posent les réutilisations d’oeuvres culturelles d’un point de vue légal ?
  • L’application du droit de la propriété intellectuelle dans le secteur culturel est-elle discutable ?

Les mash-up musicaux

Le mash-up à l’épreuve du droit de la propriété intellectuelle

Œuvre composite et droit moral

Le mash-up constitue une œuvre composite (derivative work), c’est à dire une œuvre réalisée à partir d’un contenu préexistant protégé par le droit d’auteur, sans la collaboration de l’auteur de l’œuvre préexistante. Pour être protégeable au titre du droit d’auteur, l’œuvre composite doit :

  • être originale : l’emprunte de la personnalité de l’auteur sur l’œuvre composite s’apprécie au cas par cas;
  • respecter les droits d’auteur (et droits voisins) de l’œuvre préexistante : si l’œuvre préexistante est reconnaissable, l’autorisation de ses auteurs est obligatoire, comme la mention de leur nom et du titre de l’œuvre préexistante.

D’un point de vue juridique, l’utilisation d’extrait porte atteinte à l’intégrité d’une œuvre. En raison du droit moral, l’auteur peut s’opposer à cela, comme il peut s’opposer à toute coupure, déformation, …

L’affaire Girl Talk (2)

Gregg Gillis, plus connu sous le nom Girl Talk, a utilisé dans Feed The Animals environ 300 samples différents sans avoir obtenu aucun droit de reproduction (3). La commercialisation de Night -Ripper a été bloquée en 2006, mais est librement téléchargeable sur internet depuis juin 2009.

« Le but est d’avoir du plaisir, qu’importe qu’il y ait controverse ou non. » (4) Gregg Gillis est une figure de proue du copyleft, mouvement qui vise à libérer la musique du carcan légal du droit d’auteur - voir le documentaire RiP: A remix manifesto (5). « J’espère provoquer un dialogue (…) entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre cette pratique.» (6) Gillis se sert de la doctrine du fair use, pour justifier son déni des droits d’auteur. Mais les juristes ne lui accordent pas ce bénéfice. Bien que son œuvre reste illégale, Gillis affirme n’avoir jamais été menacé par la justice. Les artistes mash-upés ont-ils intérêt à le poursuivre au risque de créer un précédent en leur défaveur dans la jurisprudence et de se rendre impopulaire ?

L’affaire American Edit (7)

Les DJs Ben Party et Team (9) ont réalisé un album reprenant en mash-up plusieurs morceaux connus dont « Boulevard of broken dream », un titre de Green Day. Ces mash-ups ont été publiés sur le site americanedit.net. Suite à l’ouverture de ce site, le label de Green Day, la Warner Music, a passé un ordre de « cesser et renoncer » (le « Cease and desist » est un terme juridique anglo-saxon employé pour demander à une personne ou une organisation de cesser de manière permanente de faire quelque chose). Les DJs ont donc suspendu le site, afin de ne pas connaître de suites judiciaires. C’est alors que Noisehead, un autre masher, les a contactés afin d’organiser une manifestation, en réaction à ce qu’ils considèrent comme censure, car dans un contexte similaire, un autre DJ (Danger Mouse) s’était également vu recevoir un ordre de “cesser et renoncer” par EMI. Billie Joe Armstrong, le chanteur de Green Day, a dit lors d’une interview sur MTV Radio qu’il trouvait l’oeuvre mash-up de ces DJ’s “vraiment cool”. Nous constatons que le copyright est, dans ce cas un problème concernant uniquement les labels et les producteurs qui font appliquer leurs droits d’exclusivité, et non le créateur, qui sur un plan artistique ne sent visiblement pas menacé.

(1) MARÇAIS Ismay, Le mash-up, vjing, cine-remix face au droit d’auteur, 2009
(2) LEVINE Robert, In legal limbo between copyrights and wrongs, The New York Times, 2008
(3) EDDIE, Girl Talk, le roi du sample, Paperblog.fr, 2008
(4) CANTIN David, Girl Talk, maître du mash-up, Cyberpresse.ca, 2008
(5) GAYLOR Brett, Rip ! A remix manifesto
(6) DESJARDINS David, Le voleur de noces, Voir.ca, 2009
(7) MONTGOMERY James, Green Day Mash-Up Leads To Cease-And-Desist Order, mtv.com, 2005

Inconvénients et avantages des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle

Le droit moral permet à l’auteur d’empêcher la dégradation potentielle de son œuvre. Ce droit lui appartient de façon inaliénable, imprescriptible et perpétuelle. Mais n’est-il pas trop restrictif ? Se mettre en règle vis à vis de la loi représente un véritable parcours du combattant pour les mash-upeurs. A titre d’exemple, le groupe 2 Many DJ’s a mis quatre ans à obtenir l’autorisation de commercialiser son album As Hears on Radio Soulwax Pt (2). Le droit constitue un frein à ce type d’œuvre, qui représente pourtant un outil de promotion du fait de son succès grandissant auprès du public et un vecteur de création artistique, source de revenus. Pour les producteurs, les mash-up représentent une opportunité en terme de marketing et d’économie (8) :

  • L’artiste peu connu mash-upé sur un air connu bénéficie des retombées de cette promotion.
  • Le marché lié au back catalogue, dont les investissements ont déjà été amortis, peut-être revalorisé.

Les adaptations et publications dérivées de Harry Potter

Problèmes posés par ces réutilisations du point de vue juridique

Le Harry Potter Lexicon et la doctrine du Fair Use aux États-Unis

L’affaire Harry Potter Lexicon (9)

En avril 2008, a lieu le procès opposant J.K. Rowling et les studios Warner Bros, à RDR Books. Cette maison d’édition américaine est accusée de violation de droits d’auteurs pour son projet de publication du Harry Potter Lexicon, une encyclopédie consacrée à Harry Potter. Le tribunal de la cour fédérale de New York donne raison à la créatrice de Harry Potter, rejette les arguments de la défense sur l’usage loyal de l’univers Harry Potter, interdit la publication du Lexique Harry Potter et condamne l’éditeur RDR Books à verser aux plaignants 6.750 $.

La doctrine du fair use

Aux États-Unis, la doctrine du fair use (que l’on peut traduire par usage loyal, raisonnable ou acceptable) est un ensemble de règles, qui apportent des limitations au droit d’auteur10. Le droit américain donne des critères (factors) permettant aux tribunaux d’apprécier si l’usage est fair use ou non. Le juge américain dispose d’un large pouvoir d’interprétation, car bien que ces critères soient codifiés, ils ne sont pas limitatifs.

Les critères pour juger si l’usage est loyal ou illicite
  1. Objectif de l’usage, notamment s’il est de nature commerciale ou sans but lucratif ;
  2. Nature de l’œuvre protégée, scientifique, documentaire, fictif, … ;
  3. Importance de la partie « copiée » en rapport à l’ensemble de l’œuvre protégée ;
  4. Conséquences de cet usage sur le marché potentiel ou sur la valeur de l’œuvre protégée.
Exemples d’une jurisprudence formée au cas par cas

En 2008, le Harry Potter Lexicon n’a pas été reconnu comme un usage loyal de l’œuvre de JK Rowling (usage commercial, emprunt > originalité, projet de publication similaire par JK Rowling). En 2009, le fair use est accordé au travail de Carol Shloss, les ayants droit de James Joyce sont condamnés (usage pédagogique, emprunt < originalité, absence de projet de publication similaire) (11).

(8) MILLIARD Mathias, A la sauce Mash-up, 2009
(9) ADLER Shawn, Harry Potter’ Author J.K Rowling’s Copyright Case: Behind All The Legal Jargon, 2008
(10) Article « Fair Use », Wikipédia.com, consultation le 2009/11/01
(11) S. Clément , Le Fair Use condamne les ayants droit de James Joyce, actualitte.com, 2009

Les adaptations étrangères et les accords internationaux sur les droits d’auteur

Les contrefaçons et adaptations étrangères de Harry Potter (12)

Quantité de traductions non autorisées, éditions pirates et fausses suites circulent dans le monde, qui abusent de la signature de J. K. Rowling. Ces publications font l’objet de condamnations régulières. Un éditeur chinois a ainsi dû payer une amende et retirer du commerce Harry Potter et le léopard qui affronte le dragon. Les livres de J. K. Rowling ont aussi donné naissance à des oeuvres fortement inspirées de l’univers Harry Potter, qui font l’objet d’un combat juridique plus ardu. La publication russe Tania Grotter et la contrebasse magique illustre cette tendance. Le Tribunal d’Amsterdam en a bloqué la diffusion, rejetant les arguments de l’auteur Dmitry Yemets qui estimait que son livre était en fait une parodie de Harry Potter.

Les accords internationaux sur les droits d’auteur

L’accord de l’OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, A.D.P.I.C., introduit les règles de la propriété intellectuelle dans le système commercial mondial. Il tend à généraliser les droits établis lors de la Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques. Selon cette convention, les exceptions aux droits d’auteur sont réservés à « certains cas spéciaux, à condition que [les] reproductions n’entrent pas en conflit avec une exploitation normale de l’œuvre et ne causent pas un préjudice injustifié aux intérêts légitimes de l’auteur » (13).

Interprétation possible de la décision du tribunal

Dans le cas des adaptations étrangères type Tania Grotter, les lois internationales n’ont pas protégé ce que J. K. Rowling avait écrit, ni ce qu’elle était susceptible d’écrire. Les lois internationales sur le droit d’auteur l’ont en fait protégé de la compétition et lui ont permit de verrouiller le marché à l’échelle mondiale.

Droits d’auteur et propriété intellectuelle : facteur d’incitation, manne de profit et risques de dérive

Un facteur d’incitation

La propriété intellectuelle, n’a rien de commun avec la propriété au sens commun. A la base, elle est conférée aux créateurs afin de les inciter à produire des idées qui profitent à l’ensemble de la société. « Sans propriété intellectuelle, il n’y a pas de création, ni de progrès, ni d’investissements dans la recherche » (François d’Aubert, Président du Comité National Anti-contrefaçon de 2002 à 2004)

Une manne de profit

Le facteur d’incitation et l’intérêt général sont un peu oubliés quand il s’agit de défendre des parts de marché. Nous l’avons vu avec les deux succès juridiques de JK Rowling. Les droits de propriété intellectuelle ont permit à l’auteur de faire fructifier les fruits de son travail. Le succès de son œuvre a en outre permis aux titulaires de licences et de droits sur Harry Potter d’amasser des sommes considérables (14).

Le risque d’une dérive juridique

Une interprétation de plus en plus stricte du pouvoir du propriétaire peut être envisagé. Le droit d’auteur pourrai devenir anti-incitatif et ne profiter ni à la création, ni à l’économie dans son ensemble. Le durcissement international de la propriété intellectuelle s’est imposé sous la pression des États-Unis soucieux de défendre les industries américaines de la culture. Or, selon la C.C.I.A. (15), nombre d’industries aux États-Unis fondent leur économie sur le fair use. C’est le cas des moteurs de recherche, des fabricants de graveurs ou autres appareils de copie, des entreprises pédagogiques, des développeurs de logiciels, …(16)

Renforcer le copyright reviendrait à fragiliser un pan important de l’économie industrielle. Mais cela serait aussi un frein à la création culturelle, qui sera toujours inspirée de ce qui a déjà été fait (17).

(12) WU Tim, Harry Potter and the International Order of Copyright, slate.com, 2003
(13) Convention de Berne pour la protection des oeuvres littéraires et artistiques sur le site de l’OMPI
(14) MARCH Elizabeth, Harry Potter et la manne de la propriété intellectuelle, ompi.ch, 2007
(15) BLACK Ed, Fair Use Doctrine Vital for All of Us, ccianet.org, 2009
(16) CHAPEAU Guillaume, Les industries du copyright valent moins que celles du fair use, numerama.com, 2007
(17) LATRIVE Florent, Du bon usage du piratage, Culture libre, sciences ouvertes, Broché, 2004

Conclusion

Un statut mal défini

Les œuvres dérivatives n’ont pas de statut clairement défini dans les lois de copyright. Toutes sont soumises aux lois des différents pays et à la libre appréciation des créateurs et leurs producteurs. Ces œuvres ne sont pas considérées comme complètes, mais sont tout de même acceptées en tant que telles, ce qui constitue un statut ambigu qui ne leur donne la possibilité d’exister qu’au cas par cas (si l’auteur de l’œuvre principale s’y oppose ou non, etc.) Les problèmes que peuvent poser certaines de ces œuvres composites, bien que souvent imbriqués, peuvent être de deux natures : l’une d’ordre éthique et l’autre d’ordre économique.

La question de l’originalité et les enjeux économiques

Ce type de problème est plutôt lié à l’artiste initial et fait référence au droit moral. Il est clair que dans certains cas, l’intervention juridique d’un auteur semble être légitime. Au-delà de l’économie, ce droit concerne l’égo du créateur, qui peut être dérangé de voir son œuvre dénaturée par une tierce personne se revendiquant « créateur » de ce qui n’est qu’une copie. Ces problèmes concernent l’artiste, le producteur et tous les détenteurs de droits voisins, licences, … Ici, il n’est pas question d’innovation, mais d’exclusivité au sens du droit d’utilisation ; ce qui fait entrer en jeu de nombreux paramètres financiers qu’il est impensable de négliger.

Une législation qui reste sous le coup de la jurisprudence

Pour pouvoir uniformiser la législation, il faudrait trouver un moyen tangible de calculer le pourcentage de création et d’inspiration dans une œuvre, et établir un seuil légal selon différents niveaux et milieux de production/diffusion (underground, grande distribution, etc.). Ce calcul laborieux est laissé à la libre interprétation des juges. Ceux-ci établissent par leur décisions successives une jurisprudence, dont les retombées économiques peuvent s’avérer importantes. C’est pourquoi ces décisions sont suivies attentivement par les professionnels de l’industrie du disque, du livre et du cinéma.

Bibliographie et sources

Ouvrages de référence

BAETENS Jan, Le Combat du droit d’auteur, Les impressions nouvelles, Paris, 2001
LÉVÊQUE François et MÉNIÈRE Yann, Économie de la propriété intellectuelle, La Découverte, Paris, 2003
SAGOT-DUVAUROUX Dominique, La propriété intellectuelle, c’est le vol !, Les presses du réel, Dijon, 2002
BLANC Antoine, Internet, Musique et droit de propriété intellectuelle, DESS Droit du Multimédia et de l’informatique, Université Paris II, 2001
CORNU M., DE LAMBERTERIE I., SIRINELLI P., WALLAERT P., Dictionnaire comparé du droit d’auteur et du copyright, Paris, CNRS Éditions, 2003

Sources

Journaux, Magazines, Blogs, Wiki, …
Conférences, Ouvrages, Études, …

BLACK Ed, Fair Use Doctrine Vital for All of Us, ccianet.org, 2009
http://www.ccianet.org/index.asp?sid=5&artid=125&evtflg=False
LATRIVE Florent, Du bon usage du piratage, Culture libre, sciences ouvertes, Broché, 2004
http://docs.covertprestige.net/piraterie/00-titres.html
MARÇAIS Ismay, Le mash-up, vjing, cine-remix face au droit d’auteur, 2009
http://www.tilt-festival.org/tableRonde/docs/articlemashupIMarcais.pdf

Source juridique

Convention de Berne pour la protection des oeuvres littéraires et artistiques sur le site de l’OMPI
http://www.wipo.int/treaties/fr/ip/berne/trtdocs_wo001.html

Source vidéo

GAYLOR Brett, Rip ! A remix manifesto
http://www.ripremix.com/

Sources complémentaires

Droit, Technologies, et Propriété intellectuelle : Actualités et analyse
http://www.legalbiznext.com
Nouvelles formes juridiques du droit d’auteur : les contrats Creative Commons
http://fr.creativecommons.org

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Le contrat de professionnalisation pour les plus de 26 ans

Le contrat de professionnalisation est né d’une mesure visant à favoriser l’insertion professionnelle par l’acquisition d’une qualification reconnue. Il remplace depuis le 1er octobre 2004 les contrats de qualification, d’adaptation et d’orientation.

  • un contrat de travail qui s’adresse aux personnes de 16 à 25 ans et aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus.
  • un contrat d’alternance, il associe des périodes de formation et de mise en situation de travail.
  • un contrat de la formation continue, contrairement au contrat d’apprentissage, qui est un dispositif de formation initiale.

Un contrat avantageux pour l’entreprise …

Peuvent recruter en contrat de professionnalisation tous les employeurs assujettis au financement de la formation professionnelle continue, à l’exception de l’État et des collectivités territoriales.

  • en CDD de 6 à 24 mois
  • en CDI, la formation est dispensée durant une période de 6 à 24 mois. A la fin de la formation, le titulaire reste dans l’entreprise en CDI.

Les heures de formation sont financées par les organismes paritaires collecteurs (OPCA). L’entreprise ne paye que les heures travaillées.

Par ailleurs, l’employeur peut bénéficier :

  • d’une exonération dégressive dite « réduction Fillon » si le bénéficiaire a plus de 26 ans.
  • de la non prise en compte dans l’effectif de son entreprise.
  • de l’aide forfaitaire à l’employeur (AFE), versée à votre employeur par Pôle emploi si le bénéficiaire est un demandeur d’emploi. L’aide est versée tous les 3 mois à hauteur de 200 € par mois dans la limite de 2000 € par contrat.

L’expérience montre que l’existence d’un tuteur favorise la qualité et l’efficacité des actions de formation. Dans la limite d’un plafond de 230 € par mois et par bénéficiaire pour une durée maximale de 6 mois, les OPCA peuvent prendre en charge les dépenses liées à l’exercice du tutorat.

… et pour l’employé

Il bénéficie d’un accompagnement professionnel, centré sur les besoins en compétences de son entreprise et de son secteur d’activité. En parallèle, il prépare une qualification professionnelle recherchée sur le marché de l’emploi

Les titulaires d’un contrat de professionnalisation âgés d’au moins 26 ans perçoivent une rémunération qui ne peut être inférieure ni à 85 % de la rémunération minimale prévue par la convention ou l’accord collectif de la branche dont relève l’entreprise où ils sont employés ni à 100 % du SMIC.

Liens utiles

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Liens sur l’AFE

Site du Pôle Emploi

Texte cadre

Promotion du contrat de professionnalisation auprès des entreprises (CGPME)

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